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22.08.2008

Sur le discours de Nicolas Sarkozy aux Invalides

 

[Pour le voir je suis allé sur le site de l'Elysée.]

Passons sur les habituelles grimaces de clown.

Plus sérieusement, que d'égocentrisme, que de « je » prononcés!

Presque pas un mot de compassion (à part une faiblarde tentative à la fin et encore « je veux que vous sachiez qu’au plus profond de moi-même je partage votre douleur ») de Nicolas Sarkozy pour se mettre à la place de ceux qui souffrent aujourd’hui par sa faute.

Non, ce serait un effort trop insoutenable, même dans un tel instant, Nicolas Sarkozy préfère parler de lui.

Et des phrases comme « rien de peut réparer la perte de l’être aimé »… franchement, c’est bien : cela requinque quelqu’un dans la peine. (Je suis étonné que la caméra n’ait pas filmé à cet instant les familles pleurant à sanglots plus forts. Je me demande si pourtant, ce n’était pas l’effet recherché de cette phrase de Nicolas Sarkozy).

Et surtout, surtout, cette phrase abjecte de Nicolas Sarkozy.

Même dans un moment comme celui-là, il gaffe avec : « jamais à quel point je n’ai mesuré ce que peut être la solitude d’un Chef de l’Etat ». sic ! (je laisse de côté la syntaxe).

Mais si Nicolas Sarkozy mesure sa solitude à lui, il n’est pas capable de mesurer la solitude que ces enfants et leurs mères vont connaître sans leur père et mari.

Non se mettre à la place des autres, ce serait trop demander à Nicolas Sarkozy. Mieux vaut se mirer dans son miroir.

Parler de « la solitude d’un Chef d’Etat », ça, cela pose son homme. Il valait mieux qu’il le dise lui-même pour que les gazettes puissent reprendre cette expression.

Mais Nicolas Sarkozy se sentirait peut-être moins seul aujourd’hui si, pour engager la France en Afghanistan, il avait sollicité et obtenu l’appui de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Mais pour cela, il faudrait être un démocrate.

Donc sa solitude on la lui laisse bien volontiers (si tant est qu’il soit sincère), il l’a choisie, qu’il s’abstienne donc aujourd’hui de pleurer sur son petit sort.

PS :

J’ai beaucoup aimé Christine Boutin et Eric Woerth qui tour à tour voyant la caméra (sur son bras articulé) passer devant eux ont baissé la tête.

Pas de chance ! Christine Boutin a incliné la tête trop tard (la caméra était déjà là) et Eric Woerth, lui, l’a relevée un peu trop tôt (la caméra était encore là)… raté !

Il n’y a pas à dire c’est un art d’être politique : savoir incliner la tête pour mimer l’émotion au moment où la caméra passe… cela demande du talent.

Cela sonnait vraiment faux à côté de la douleur vraie des familles.

Jouer cette comédie en pareil moment, cela n’honore vraiment pas Christine Boutin et Eric Woerth. Les familles, elles, ne s’en soucient pas des passages des caméras, elles sont à leur douleur, qui, elle, n’est pas feinte.

Enfin, j'ai bien aimé aussi voir Yves Jego qui, lui, ne se souciait pas de la caméra sur son bras articulé. Non Yves Jego ne s'en souciait pas. Il donnait vraiment l'impression de dormir debout: il est vrai qu'on subit beaucoup le décalage horaire quand on est Sous-Ministre aux Dom-Tom.