10.02.2007

Qui sera la nouvelle Beate Klarsfeld?

Qui ne se souvient de la gifle donnée par Beate Klarsfeld au Chancelier Kiesinger accompagnée du cri "Kiesinger, nazi, démissionne"?

Comment ne pas saluer l'importance de ce geste et son impact médiatique et peut-être plus encore son influence réelle sur les consciences allemandes et européennes?

Un tel geste serait-il possible et souhaitable aujourd'hui à l'égard de l'actuel Chancelier allemand au cri de "Merkel, stasi, démissionne"?

En effet, comme à l'égard du régime nazi, les Allemands, en tout cas leurs dirigeants, ne semblent pas prêts à faire table rase du cet autre totalitarisme. Les Allemands semblent comme en 1968 un peu lents à affronter leur passé collaborationniste avec le régime totalitaire communiste. On se souvient du passé de Kiesinger pourtant malgré cela devenu Chancelier. On se souvient qu'en 1968 des maires de grandes villes étaient d'anciens nazis. Aujourd'hui, d'anciens membres de la stasi demeurent dans l'administration et sont à des postes électifs. Cette lenteur à faire face à la réalité de leur histoire est-elle dûe au fait qu'Angela Merkel vient d'Ex-RDA? A-t-elle peur, si les archives étaient ouvertes, que quelque chose sorte sur le passé de son mari (surnommé, par la presse d'Outre-Rhin, le "fantôme de l'Opéra"), passé qui demeure encore largement mystérieux à ce jour?

Le film "La vie des autres" aura-t-il sur Angela Merkel un impact similaire à celui d'"Indigènes" sur Jacques Chirac? Si le film ne réveille pas les consciences des dirigeants allemands, qui sera la nouvelle Beate Klarsfeld? L'Europe et sa construction peuvent-elles se poursuivre si l'Allemagne reste ainsi prisonnière des fantômes du passé.

En tout cas, Madame Merkel, à défaut d'assumer le passé de son pays, ne doit pas, au cours de sa présidence de l'UE, chercher à passer outre et bafouer le "Non" souverain des Français au Traité sur la Constitution Européenne.

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